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 Contes de fées : la version désenchantée

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MessageSujet: Contes de fées : la version désenchantée   Ven 31 Oct 2008, 22:33

Les contes de notre enfance ont pour la plupart un sens caché. Je vous propose de venir dire ici ce que vous savez sur les métaphores évoquées dans chacun de ces contes, ou, pour ceux qui ne connaissaient pas, de tout simplement venir les découvrir.
Sujet déconseillé à ceux qui veulent conserver une version enchantée des contes...


J'entame le sujet avec :

LE PETIT CHAPERON ROUGE



Diverses interprétations :

1) "Tirée de la structure même du conte et de la distribution ternaire des couleurs : la petite fille vêtue de rouge porte un pot de beurre blanc à une grand-mère habillée de noir (le remplacement dans le lit de la grand-mère par le loup ne changeant rien à l’emploi de cette couleur : le loup est noir lui aussi). Nous retrouvons là les trois couleurs symboliques "de base" des sociétés anciennes, celles autour desquelles notamment s’articulent tous les contes et toutes les fables. Dans celle du Corbeau et du renard, par exemple, un corbeau noir sur un arbre perché laisse tomber un fromage blanc dont s’empare un renard rouge. Et dans l’histoire de Blanche-Neige, une sorcière vêtue de noir offre une pomme rouge (empoisonnée) à une jeune fille au teint "blanc comme neige". Dans les trois cas, la distribution des couleurs varie mais leur dynamique s’articule autour des trois mêmes pôles symboliques : blanc, rouge, noir."


2) Bruno Bettelheim propose une analyse approfondie sur les contes de fées, tels que « le Petit Chaperon rouge ». On apprend qu’il y a une morale cachée que seuls les adultes peuvent décoder. Il faut faire un travail de psychanalyse pour déchiffrer les messages. La petite fille essaie sans se rendre compte de remplacer le principe de plaisir au principe de réalité. C’est-à-dire qu’en fait elle fait travailler son inconscient et n’écoute pas les conseils de sa mère. Autrement dit son « ça » domine son « surmoi ». Ou encore mieux dit cette fois-ci d’après l’auteur : « c’est ce même conflit entre ce que l’on aime faire et ce que l’on doit faire ». La jeune fille est naïve. Elle ne devrait pas répondre au Loup qu’il la questionne. Elle devrait suivre son chemin sans répondre aux inconnus. Sa mère sait qu’elle est sans danger chez elle, car elle peut l’observer, lui parler. Lorsque le petit chaperon rouge franchit le pallier de la porte, elle se livre au monde extérieur. Ce monde est décrit merveilleusement beau. On parle de forêt, de fleur. On ne fait aucunement allusion à la laideur. Pourtant quand arrive le grand méchant loup, on sous-entend quelque part que ce monde si jolie cache de mauvaises choses. La mère le sait, sa fille l’ignore. L’éducation joue un grand rôle dans ce conte, je crois.

Le Loup pose la question suivante à la jeune fille : où vas-tu ? Celle-ci répond : chez ma grand-mère. D’après l’interprétation de Bettelheim, elle voudrait dire : « Laisse-moi tranquille ; va chez grand-mère, qui est une femme mûre ; elle est capable de faire face à ce que tu représentes ; pas moi. ».

Plus loin il est dit littéralement que les jeunes filles belles et séduisantes ne doivent pas tomber dans le piège des séducteurs. La sexualité est donc abordée dans le Petit Chaperon rouge. Pourquoi ? A son âge on commence à connaître son sexe, à comprendre celle des autres, à se faire plaisir, etc. Voyons en un peu plus.

Chose très intéressante que nous fait remarquer l’auteur, c’est la symbolisation du loup et du chasseur. Le loup représenterait : « les tendances asociales, animales qui agissent en nous. ». Alors que le chasseur représente en réalité le contraire : « les tendances alutruistes, sociales, réfléchies ». La jeune fille ne veut réaliser que ses plaisirs, se laisse tenter. Bettelheim essaie de dire qu’elle ne cherche pas à faire un compromis entre la morale que l’on lui a inculqué et les tentations dévastatrices. Je peux le mettre en lien avec le dualisme du christianisme. L’âme, la raison, l’intellect sont bons, par contre le corps, les pulsions d’ordres sexuels ou non, sont mauvais pour l’humain. Cette tradition chrétienne inspirée par la philosophie Platon est une frustration pour les gens. Michel Onfray l’a bien expliqué, montré. La réalisation de ses plaisirs n’est pas anormale, immorale. Il est logique d’aimer jouir de bonheur plutôt que vivre mal. Tout dépend de la manière dont on jouit, du but de cette réalisation, et les conséquences qu’elle peut en apporter. Prenons un exemple : si une personne fait usage des drogues dures, sur le moment il jouira. Mais, après il se sentira mal et rentrera dans le cycle de la dépendance. Il se détruira. Il n’existera plus en tant qu’individu. Donc si on reprend la phrase du philosophe de Michel Onfray : « jouissance sans conscience n’est que ruine de l’âme… », elle a tout son sens ici. Quel lien avec le Petit Chaperon rouge ? Si la petite fille veut réaliser des désirs, tant mieux. Pour autant qu’elle ne nuise ni à autrui ni à elle-même.

Toutefois, la morale de l’histoire veut qu’en surmontant le principe de plaisir, l’enfant arrivera à maturité. L’étape à surmonter est d’écouter sa mère, ne pas faire confiance à son ça. La raison doit l’emporter sur les pulsions : « une fois que nous sommes parvenus à maîtriser ses derniers (c’est-à-dire les désirs), le loup ne nous fait plus peur. »


(Source : http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20071127153713AAlZ18w)
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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Sam 01 Nov 2008, 00:46

Wow, c'est super intéressant (et je retrouve des concepts de Freud que je connais, le Ca, le Surmoi ^^), mais c'est aussi un peu flippant lol.

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Citation :
Now, these kids are not destined. In fact, loving each other was a byproduct of their destinies in the sense of their destinies brought them together, but them loving each other actually pushed against their destinies. Their destiny is the mission. Their love distracts from that. The mission wins out. This is their great tragedy. ~ anythingbutgrey, about Cangel

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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Sam 08 Nov 2008, 15:18

Lol, c'est sûr que ça désenchante le tout, mais moi aussi je trouve ça vachement intéressant. Perso, ça me passionne !

Voici un texte intéressant sur lequel je suis tombée, qui concerne l'interprétation des contes en général :

Citation :
De quoi parlent les contes ?
Les contes de fées parlent de la quête de l’amour et de la richesse, du pouvoir et des privilèges qui l’accompagnent, et surtout du chemin qui permet de sortir de la forêt et de retrouver la sécurité et la quiétude du foyer. Ramenant les mythes sur terre et leur imprimant un tour humain plutôt qu’héroïque, ils donnent un caractère familier aux histoires conservées dans les archives de notre imaginaire collectif. Qu’on pense au Petit Poucet, image en miniature de David tuant Goliath, d’Ulysse aveuglant le Cyclope, de Siegfried terrassant Fafner. Les contes de fées nous entraînent dans une réalité familière au double sens du terme — à la fois profondément intime et centrée, non pas sur les enjeux du monde en général, mais sur la famille et ses conflits.


À qui s’adressent les contes ?
L’ambiguïté du public destinataire du conte de fées littéraire est au cœur de l’œuvre de Perrault : morales adultes, préfaces à visées éducatives, œuvres réputées pour enfants. Un siècle plus tard, les frères rassemblent des récits clairement enracinés dans l’univers des adultes, si l’on considère les préoccupations et les ambitions des principaux personnages. La Belle au Bois Dormant, dans le conte de Perrault, se conduit peut-être comme une enfant étourdie et désobéissante lorsqu’elle se saisit de la quenouille qui va la plonger dans un profond sommeil, mais ses véritables ennuis commencent lorsqu’une marâtre jalouse entend se la faire servir "à la sauce Robert". Riquet à la houppe nous enseigne que l’amour transfigure l’être aimé et que la noblesse de caractère l’emporte sur la beauté physique. Barbe-Bleue, avec sa chambre interdite où sont enfermés les cadavres d’anciennes épouses, traite de la loyauté, de la fidélité et de la trahison conjugales, et montre que le mariage est hanté par la menace du meurtre. Raiponce s’attache aux dangereuses envies d’une femme enceinte et montre qu’il est vain de vouloir protéger la vertu d’une fille en l’enfermant dans une tour.
Si les post-adolescents sont avides de contes qui explorent les rituels de séduction et les affaires conjugales, les enfants sont plutôt attirés par ceux qui éclairent leurs propres faiblesses. La peur d’avoir faim, l’angoisse de la séparation, les terreurs nocturnes, la hantise d’être abandonné et dévoré : tels sont les grands enjeux de leur existence. Contrairement au conte de fées classique dont le cheminement va de la désintégration d’une famille sérieusement perturbée à la fondation d’une nouvelle union baignant dans la félicité, les contes de fées pour enfants ramènent leurs héros et leurs héroïnes chez eux, éliminant le plus souvent le méchant parent fauteur de troubles ou présentant des parents sincèrement contrits et ivres de joie lorsque leurs enfants reviennent à la maison. Dans Hänsel et Gretel des frères Grimm, les enfants se jettent au cou de leur père, devenu veuf entre-temps. Les parents du petit Poucet se "réjouissent" de son retour et l’accueillent "à bras ouverts".
S’adressant à un public qui ne se limite pas aux enfants, le conte de fées constitue une fonction d’apprentissage.




Surmonter peurs et angoisses
On n’a pas encore établi que les enfants ont besoin des contes de fées pour surmonter leurs peurs et leurs angoisses. Mais Kristin Wardetsky a bien mis en évidence, dans une étude sur la réécriture des contes par les enfants, que le happy end qu’ils préfèrent est celui qui ramène même le plus méchant des méchants dans le giron familial. Vivre ensemble dans une joie perpétuelle est, à leurs yeux, la meilleure des revanches. Cendrillon de Perrault, où les deux demi-sœurs rivales sont finalement pardonnées et admises à vivre au palais, exerce certainement un attrait particulier sur les petits par sa reconstitution de la cellule familiale.
Si les enfants ont un tel besoin de sérénité, de plénitude et d’harmonie, pourquoi cette multitude d’ogres, de méchants et de monstres dans les recueils de contes de fées ? Comment expliquer cette fascination pour les géants et les gnomes, les sorcières, les croque-mitaines et les jeteuses de sort ? Et pourquoi l’enfant héros de contes de fées est-il si souvent victime de cruels parents qui n’hésitent pas à l’envoyer dans la forêt où grouillent bêtes sauvages et monstres ?
Si dans la demeure familiale, les protagonistes enfants manquent d’amour et d’attention, dans la forêt (métaphorique ou réelle), ils sont exposés à un péril encore plus grand. Un désir démesuré et une passion monstrueuse poussent leurs adversaires cannibales à les dévorer, à les faire disparaître. L’appétit des géants, des ogres et des sorcières révèle qu’un excès d’amour peut être encore plus dangereux que son contraire. Abandon et cannibalisme, telles sont les peurs jumelles auxquelles est confronté non seulement l’enfant du conte, mais aussi celui qui l’écoute, qui suit les tribulations et les épreuves du petit Poucet français, des Allemands Hänsel et Gretel ou de l’Anglaise Mollie Whuppie.
Pour certains spécialistes, les sorcières, les ogres et les géants du folklore seraient des figures parentales dont les carences éclatent au grand jour. Pour d’autres, ces prédateurs surhumains présenteraient de troublantes ressemblances avec les petits enfants. "Avec leur appétit débridé, leur insatiable tyrannie, leur désir inextinguible de gratification, les monstres qui hantent l’imaginaire populaire sont exactement comme… des bébés, de grands bébés", remarque Marina Warner. Vus sous cet angle, les contes de fées, plus que des psychodrames de la vie familiale, mettraient en scène des conflits intérieurs. Autrement dit, les démons terrifiants des contes de fées ne seraient que les alter ego de l’enfant, qui cherchent à s’exprimer dans des histoires. Les enfants sont apparemment capables de s’identifier aussi bien aux victimes qu’aux méchants, de passer sans difficulté d’une chaleureuse empathie avec le Petit Chaperon rouge à un soutien allègre au loup.
Personne n’a davantage fait pour promouvoir cette interprétation des contes de fées que le pédopsychologue Bruno Bettelheim, dont l’ouvrage, Psychanalyse des contes de fées (1976), a passionné les adultes des deux côtés de l’Atlantique.


Le conte, un moyen thérapeutique ?
Depuis quelques dizaines d’années, les pédopsychologues voient dans les contes de fées un formidable moyen thérapeutique susceptible d’aider enfants et adultes à résoudre leurs difficultés en réfléchissant sur les conflits incarnés dans ces histoires. Le texte devient un adjuvant permettant au lecteur de surmonter ses peurs, de s’affranchir de ses sentiments hostiles et de ses pulsions destructrices. En explorant le monde des fantasmes et de l’imagination, en allant jusqu’au bout de conflits anxiogènes, l’individu affronte ses peurs, les maîtrise et s’en libère. Plus globalement, la véritable magie du conte de fées réside dans sa capacité à transformer la souffrance en plaisir. En donnant corps aux fantasmes de notre imagination sous forme d’ogres, de sorcières, de cannibales et de géants, les contes de fées suscitent l’effroi, pour le voir aussitôt vaincu par le plaisir de sa représentation.


(Source : http://expositions.bnf.fr/contes/arret/ingre/morale.htm )


HANSEL & GRETEL



Le conte des Frères Grimm était destiné aux consommateurs de la classe moyenne du XIXe siècle. L'original pourtant était une description de la dureté de la vie au Moyen Âge. L'infanticide était alors, selon les idées historiographiques de l'époque, une pratique courante et en période de disette il était donc habituel d'abandonner des enfants dans les bois et de les laisser mourir.

Dans les premières éditions du recueil des Frères Grimm, c'est la mère et non la belle-mère qui persuade le père d'abandonner leurs enfants. Ce changement, comme dans Blanche-Neige, semble avoir obéi à une volonté de ne pas déplaire aux enfants.



Je n'ai pas pu trouver grand chose sur Hansel & Gretel, mais c'est déjà ça...
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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Mar 23 Déc 2008, 00:52

Voilà ce que j'ai trouvé pour Blanche Neige ^^

BLANCHE NEIGE


Citation :
Le conte a été étudié par plusieurs psychanalystes, notamment Bruno Bettelheim et Louise von Franz.

Pour Bruno Bettelheim, le conte commence par une situation œdipienne mettant en conflit la mère et la fille. La marâtre est restée à un stade narcissique qui la rend vulnérable et que le conte invite donc le jeune lecteur ou auditeur à dépasser. La jalousie de la belle-mère est à la fois la peinture du comportement de certains parents qui se sentent menacés au moment de l'adolescence de leurs enfants, mais également une projection sur une figure haïe des propres sentiments de jalousie de l'enfant. Blanche-Neige se retrouve chassée du château, errant dans la forêt, lieu de terreur et de confusion comme le début de la puberté. Recueillie par les sept nains, personnages à la fois phalliques mais peu menaçants sexuellement, elle peut se développer dans un milieu sûr, mais non sans être exposée à la tentation narcissique (les colifichets offerts par la méchante reine). Cette période peut être vue comme un moment d'initiation, où l'adolescent doit se mesurer aux dangers de l'existence. La dernière tentation, celle de la pomme, représente pour Bruno Bettelheim le moment où l'adolescent accepte d'entrer dans une sexualité adulte, c’est-à-dire le moment où il devient pubère. Suit une période de latence (le coma) qui lui permet d'attendre en toute sécurité que sa maturité psychique jointe à sa nouvelle maturité physique lui donnent enfin accès à une sexualité adulte.

Citation :
Le Miroir magique dans Blanche Neige révèle l'ombre de la psychologie jungienne, la part « maléfique » mais vraie de la reine mais aussi à Blanche-Neige qu'elle est porteuse « potentiellement » de cette cruauté. Bruno Bettelheim écrit à ce propos :

« Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur et des démarches qu'exige notre passage de l'immaturité à la maturité. Pour ceux qui se plongent dans ce que le conte de fées a à communiquer, il devient un lac paisible qui semble d'abord refléter notre image ; mais derrière cette image, nous découvrons bientôt le tumulte intérieur de notre esprit, sa profondeur et la manière de nous mettre en paix avec lui et le monde extérieur, ce qui nous récompense de nos efforts. »

« Les mythes mettent en scène des personnalité idéales qui agissent selon les exigences du surmoi, tandis que les contes de fées dépeignent une intégration du moi qui permet une satisfaction convenable des désirs du ça. »

(Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Blanche-Neige)
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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Mer 17 Juin 2009, 21:17

Pour ceux qui sont intéressés par l'interprétation des contes de fées, une auteure y a consacré plusieurs ouvrages (6 tomes je crois) : Marie-Louise Von Franz



Les contes de fées, ces productions mystérieuses de l'âme populaire, ont suscité, au cours de ces dernières années, des études psychanalytiques dont l'écho considérable a attesté le vif intérêt du public.

La psychologie des profondeurs de C.G. Jung offre un instrument de choix pour l'éclaircissement de leur symbolisme. En effet, en reconnaissant l'existence d'un inconscient collectif dont les éléments dépassent l'individu, elle permet de déceler dans les contes des significations d'une valeur constante et des enseignements d'une large portée.

Elle fournit des éclaircissements bien plus satisfaisants que ceux qui se bornaient à l'analyse des complexes et des refoulements personnels, conduisant à ce que Freud lui-même appelait «la monotonie de l'interprétation.
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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Lun 22 Juin 2009, 23:58

CENDRILLON (L'ART DE DEVENIR UNE FEMME)



Citation :
L'histoire de Cendrillon semble être bâtie autour des angoisses et des espoirs qui forment le contenu essentiel de la rivalité fraternelle et autour de l'héroïne triomphant de ses soeurs qui l'ont rabaissée ; d'ailleurs, l'expression « vivre parmi les cendres » s'appliquait symboliquement à celui ou à celle qui occupait une position très inférieure par rapport à ses frères et soeurs.

L'histoire de Cendrillon traduit parfaitement les expériences vécues par le jeune enfant en proie à la rivalité fraternelle : Cendrillon est écrasée et avilie par ses demi-soeurs; sa (belle-) mère la sacrifie pour elles et exige d'elle les corvées les plus sales, et bien qu'elle les accomplisse parfaitement, on ne reconnaît pas ses mérites : c'est ce que ressent l'enfant quand il est ravagé par les supplices de la rivalité fraternelle. Cendrillon séduit tout autant, ou presque, les garçons que les filles parce que les enfants des deux sexes souffrent de la rivalité fraternelle et ont le même désir d'échapper à leur position inférieure et de surpasser ceux qui semblent supérieurs à eux.

Par ailleurs, Cendrillon représente l'enfant pré-pubertaire qui n'a pas encore refoulé son désir d'être sale et qui n'a pas encore pris en aversion les petits animaux furtifs (comme les souris), et qui a encore la faculté de voir ce que les adultes ne voient plus (la citrouille est pour elle un carrosse). Les souris et les rats hantent les endroits sombres et sales et volent les denrées. Inconsciemment ils éveillent également des associations phalliques, présageant l'arrivée de l'intérêt et de la maturité sexuels. En dehors de ces rapprochements phalliques, le fait de transformer ces animaux inférieurs, et même répugnants, en chevaux, en cocher et en laquais, représente une sublimation.

Ces détails font voir qu'au cours de son stade inférieur, Cendrillon avait peut-être des préoccupations phalliques; ils semblent montrer que cet intérêt pour la saleté et pour les emblèmes phalliques doit être sublimé tandis qu'elle évolue vers la maturité, autrement dit, qu'elle se prépare à accueillir le Prince.

En fuyant le prince, Cendrillon montre qu'elle veut être choisie pour ce qu'elle est vraiment et non pour ses atours somptueux. Elle n'appartiendra à son amant que si, l'ayant vue dans son état de dégradation, il n'en continue pas moins de la désirer. Le fait de supplier pour aller au bal et d'ensuite s'en enfuir symbolisent l'ambivalence de la jeune fille qui veut s'engager personnellement et sexuellement et qui, en même temps, a peur de le faire.

Ce n'est sans doute pas par hasard que Cendrillon est chaussée de pantoufles de verre… Un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin. Et s'il est fait d'une matière fragile qui peut se briser si on la force, on pense aussitôt à l'hymen; et un objet qui se perd facilement à la fin d'un bal, au moment où l'amant essaie de s'emparer de sa bien-aimée, peut passer pour une image assez juste de la virginité, particulièrement quand l'homme dresse un piège pour s'en emparer. En fuyant, Cendrillon semble faire un effort pour protéger sa virginité.

A la fin du film, on sent que la scène de la pantoufle symbolise la conclusion des fiançailles, et que Cendrillon est une fiancée vierge : Tous les enfants savent que le mariage est lié au sexe.

Le prince, en lui présentant la pantoufle, lui fait posséder vraiment à la fois la pantoufle et le royaume. Il lui offre symboliquement sa féminité sous la forme de la pantoufle d'or-vagin : l'acceptation par l'homme du vagin et de l'amour qu'il éprouve pour la femme est l'ultime validation, par l'homme, du caractère désirable de sa féminité.

Mais personne, pas même un prince de conte de fées, ne peut forcer une femme à accepter sa féminité; seule Cendrillon, finalement, peut le faire, aidée toutefois par l'amour du prince. Voilà donc là la signification profonde des successifs essayages de la pantoufle par les jeunes filles de la maison.

Au cours de la cérémonie de la pantoufle, qui cèle les fiançailles de Cendrillon et du prince, celui-ci la choisit parce que d'une manière symbolique, elle est la femme non castrée qui le soulage de son angoisse de castration qui empêcherait les relations conjugales d'être pleinement heureuses. Elle le choisit parce qu'il l'apprécie sous ses aspects sexuels « sales », parce qu'il accepte amoureusement son vagin représenté par la pantoufle, et parce qu'il approuve son désir du pénis, symbolisé par le petit pied qui se loge à l'aise dans la pantoufle-vagin.

C'est pourquoi le prince apporte la pantoufle à Cendrillon et c'est pourquoi elle y glisse son petit pied c'est en faisant cela qu'elle se reconnaît pour l'épouse qui convient au prince. Mais en enfonçant son pied dans la pantoufle, elle affirme également qu'elle jouera, elle aussi, un rôle actif dans leurs rapports sexuels. Et elle donne aussi l'assurance qu'il ne lui manque, et qu'il ne lui manquera jamais rien; elle possède tout ce qui convient au prince, de même que son pied convient parfaitement à la pantoufle.

Cendrillon détaille les étapes du développement de la personnalité indispensables à l'accomplissement de soi, et les présente à la manière des contes de fées, de telle sorte que n'importe qui peut comprendre ce qu'il doit faire pour devenir un être humain accompli.

Cendrillon guide l'enfant depuis ses plus grandes déceptions (les désillusions oedipiennes, l'angoisse de castration, la mauvaise opinion qu'il a de lui-même, calquée sur celle qu'il prête aux autres… ) jusqu'au moment où il développe son autonomie, où il devient sérieux dans son travail et où il atteint son identité positive. Cendrillon, à la fin de l'histoire, est effectivement prête à vivre un heureux mariage. Mais aime-t-elle le prince ? L'histoire ne le dit nulle part. Mais qu'a Cendrillon encore à apprendre? Quelles autres expériences sont nécessaires pour montrer à l'enfant ce qu'est le véritable amour ?



Source : http://filmsdanimation.unblog.fr/2007/08/30/cendrillon-ou-lart-de-devenir-une-vraie-femme/

Je la trouve vraiment intéressante cette interprétation !! Surtout le coup de la pantoufle, très jolie métaphore !

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MessageSujet: Re: Contes de fées : la version désenchantée   Aujourd'hui à 11:32

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